Marathon des Landes by Pauline

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Pauline nous raconte son tout premier Marathon, couru dans les Landes avec environ 250 autres coureurs seulement !

Tout commence à 6h30, heure du réveil.

Je déjeune, je m’habille et je finis de me préparer. Nous partons sur la route pour rejoindre Mont-de-Marsan. Il fait frais et il y a un brouillard à couper au couteau, on n’y voit pas à 5 mètres, c’est impressionnant ! Nous arrivons sans encombres chez mon frère, il fait jour mais le brouillard ne s’est pas levé pour autant ! J’épingle mon dossard et je découvre le sac de cadeaux (un petit pin des Landes, du maïs et une bouteille de vin blanc 😍). Un dernier passage aux toilettes (petite ET grosse commission, j’ai trop peur d’un dysfonctionnement gastrique au beau milieu du parcours 😱) et nous voilà partis en direction de la ligne de départ, toujours dans le brouillard. Mes parents doivent nous rejoindre mais ils ne sont pas encore là. Ce n’est pas un grand événement, je crois qu’il y a un peu plus de 250 inscrits sur l’épreuve du marathon, mais l’ambiance est super chaleureuse, plein de monde me félicite et m’encourage pour la distance que j’ai choisie.

Le départ est donné à l’heure et je m’élance, déterminée, avec ceux qui vont devenir mes compagnons de galère pour les 5 prochaines heures 😵 (Enfin c’est ce que je croyais 😏).

Le premier kilomètre, j’ai l’impression de courir dans une ville fantôme. Il n’y a pas un chat dans les rues, peu de discussions, juste le bruit de nos baskets sur le bitume. Nous arrivons sur le bord d’un fleuve (La Midouze, je crois). Il fait un peu frais, ce n’est pas du bitume, mais au moins, c’est plat. Je suis partie un peu vite, mais je me dis que tant que ça va, je tiens cette allure, qui finalement ne me pose pas trop de problème, alors qu’à mes entraînements, je souffrais. Le pouvoir des courses officielles ! 😅 On quitte le fleuve et on passe dans un coin un peu plus résidentiel, avec quelques riverains qui nous applaudissent puis une zone commerciale en ligne droite. Je distingue à peine les coureurs devant moi, c’est assez étrange, on se croirait vraiment dans un décor d’Halloween. Au premier ravito, je me force à boire un verre d’eau, j’ai trèèès peur d’être déshydratée. On fait un tour assez sympa dans la base aérienne 118, les militaires qui te regardent passer sans sourire ni bouger, c’est un peu flippant mais la plupart nous encourage. Je mange une pâte de fruit en regardant les avions exposés. Rapide passage dans le parc Jean Rameau, qui est aussi l’arrivée et que je n’ai pas reconnu 😅 puis un long passage sur une piste cyclable le long de la route. Je commence à trouver le temps long, mon père doit me retrouver au 21e mais je pensais les voir un peu sur le bord de la route. J’appelle mon copain qui me dit qu’il n’est pas loin avec mon père. Je suis contente mais je compte les kilomètres. Je m’essuie régulièrement les yeux parce qu’avec le brouillard de grosses gouttes d’eau se forment sur mes cils, c’est pas super agréable. Mes cheveux sont aussi tout blancs, perlés de gouttes!

Un peu après le 14e, j’entends qu’on me crie « Allez ma poulette! ». C’est Papa Coach! C’est bien lui sur son vélo, un grand sourire sur le visage! Il me demande si ça va, il a tout ce qu’il faut avec lui, eau, encas, mouchoirs, crème anti-frottements, visière au cas où le soleil se lèverai (la blague), et surtout des tonnes de blablas pour égayer ma course. Je lui demande où sont les autres, mon chéri est un peu plus loin, on le rejoint rapidement mais il a un pneu à plat, alors il nous lâche vite, mais c’est chouette de voir qu’il est là à me soutenir lui aussi. Le temps passe plus vite avec mon père, il est toujours en train de blaguer et comme moi aussi ça va, je discute avec lui. Je jette un coup d’oeil à ma montre et je me dis que mon objectif de terminer ce marathon en 5h, ça va être du gâteau vu comme je suis partie! Mais je garde ça pour moi, ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué…
On discute avec d’autres coureurs, ils me disent que j’ai de la chance d’avoir un accompagnateur, je suis d’accord avec eux, ma course ne serait pas la même sans lui, surtout qu’il m’a poussée et encouragée depuis le début! J’imaginais pas courir ce marathon sans lui. 
Puis, arrive une maxi montée qui n’en finit pas quand je pense que c’est terminé, bam! Ça repart ! (en vrai elle fait 2km, mais j’en pouvais plus!) Heureusement, je retrouve mon frère et ma mère en haut, en cheerleading 😄
On s’enfonce ensuite dans un sous-bois, sur une piste cyclable. C’est aux alentours du 27e, que mon calvaire commence (avec des hauts et des bas, je vous rassure, je n’ai pas souffert sur 15km!). Ça fait bien 2km qu’on est sur cette même ligne droite, dans les bois, avec personne pour nous encourager. Mon père fait la discussion, moi j’essaie de me dire c’est pas vraiment une côte, juste un faux plat qui monte. J’ai mal derrière le genou gauche. Je ne dis rien, mais je suis un peu inquiète. J’ai froid, à l’ombre des arbres, avec ce brouillard qui s’est à peine un peu levé… Devant moi, deux types marchent. Un repart, essayant d’entraîner l’autre avec lui, sans succès.

Je sers les dents. Je sais que si je me met à marcher, je ne repartirai pas. Alors je continue vaille que vaille. On sort enfin du sous-bois, je retrouve un peu de chaleur, et miracle ! il y a même une pente pour descendre jusqu’au village de Mazerolles! 
Je reprend un peu du poil de la bête en descendant. Petit ravito dans le centre du village, un monsieur qui me suivait depuis le début engage de nouveau la conversation. Je laisse mon père répondre et me contente de courir. Un 2e gars se joint à nous. J’ai l’impression qu’ils vont trop vite pour moi, que c’est facile pour eux, alors je les laisse me distancer en grommelant. Mon père me voit faire et se marre « T’es bien comme ton père! » 👨‍👧
J’ai l’impression de me traîner. On arrive finalement sur le parking d’un Brico Leclerc, je sais que l’arrivée n’est plus qu’à 10 ou 11km. Mon frère nous appelle pour nous dire qu’il nous rejoindra au 35e. Je vois finalement un marquage au sol qui dit 33km. Je m’autorise une petite danse de la joie « Plus que 9km! » On retombe sur la fameuse piste cyclable avec plus d’encouragements que sur l’autre côté. Je revis, même si je souffre toujours des jambes. Un peu plus loin, mon frère nous rejoint. Les derniers km me semblent si longs… Mais voilà enfin le centre ville. « On arrive bientôt » dit mon frère qui connait le coin. Mais on fait tellement de détours…

Oh, ça y est! Je vois l’arrivée! Mon père et mon frère s’éloignent, je pose un pied sur le tapis rouge, et je trouve la force d’accélérer l’allure en voyant toute ma famille réunie, et surtout le temps au dessus de l’arche. Je sais que le meneur 4h30 m’a doublé il y a peu de temps mais WAHOU!

Je termine en 4h32 et 12 secondes. Inespéré 😱 On me remet la médaille, on annonce mon nom au micro, ma famille et ma belle-famille m’entourent en me félicitant. Je ne réalise pas. Ce que je sais, c’est que j’ai mal. Partout.

Aux trapèzes, aux hanches, aux quadriceps, sur le dessus de mon pied et surtout, surtout aux genoux. Marcher est une torture, mais je suis tellement contente que ce soit fini ! Je reprends un verre d’eau, grimpe avec la plus grande des difficultés sur le podium pour me faire photographier et m’écroule sur un banc
En rentrant chez moi (après avoir siesté dans la voiture), je pose mes jambes contre le mur pour le retour veineux, ça m’a toujours aidé à récupérer
Le soir, ma mère me masse, j’ai pas l’impression que ce soit très efficace, et le lendemain, j’ai des maxis courbatures. Marcher, monter les escaliers, me relever sur les toilettes, tout est douloureux…
Le deuxième jour, ça va déjà beaucoup mieux. Et à J+3 tout baigne, plus aucune douleur
C’était une super expérience, je suis ravie de mon temps que je n’espérais pas, j’ai souffert durant ma prépa, durant mon marathon et après, mais je le referais sans hésiter!
D’ailleurs, ce sera sûrement un deuxième marathon en 2019! 

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