57km du Trail de Mauves en vert by Kévin

kevin-louineau

Courir avec des décharges électriques dans le genou gauche, voilà ce qu’à vécu Kévin lors de son trail de 57km qu’il nous raconte aujourd’hui ! Bravo Finisher, tu l’a mérité ta médaille !

 

J’ai participé au 57km du trail de Mauves en vert (Mauves sur Loire 44) le dimanche 7 octobre 2018.
Je me suis aligné sur le 57km de Mauves dans une logique de progression. Ayant commencé à courir il y a un peu plus de 4 ans, je me suis orienté vers le trail il y a 3 ans, naturellement.
Battre mes chronos puis allonger la distance tout en perfectionnant ma technique tel était mon objectif de départ.
Puis il y a eu les courses, 5 l’an dernier, alternant les distances de 15 à 25 km, puis viennent les prépas, exigeantes mais tellement utiles, les défis entre potes qui aident à avancer et la fierté de passer la ligne d’arrivée.
Le 57km était un vrai test. Ayant terminé le 47km du trail du Vulcain (63) en 6h54 en mai dernier je m’inscrivais dans une logique d’allonger la distance. Prépa de 8 semaines commencée en août avec son lot de doutes et de petits bobos mais sans rien lâcher.
Le jour J arriva. Le vent et la pluie était au rdv de si bon matin, ne rien oublier, chaussures, tenues, les questions fusent (je prends la veste ou pas la veste), passage aux toilettes aïe trop de monde on verra ça plus tard, faire le vide, avancer vers la ligne d’arrivée.
Je retrouve mes deux potes venus assister au départ et me soutenir, eux s’alignent sur le 17km, petit geste sympa qui motive.
Se faufiler dans le peloton, démarrer la montre pour capter le signal GPS et ne rien louper de ce début de course.
C’est parti, je trottine faute d’espace dans le peloton, la foule frappe dans ses mains, crie, j’entends mon nom, le soutien est là je sourie.
Rapidement le peloton s’étire, pas d’étranglements c’est bien, première côté on y va tranquille et puis ça y est on court, je cours!
Tout se passe bien jusqu’au premier ravito (au 14ème il me semble) j’aperçois un pote qui m’encourage, je choisi de ne pas m’arrêter j’ai ce qu’il faut avec moi, essayons de grater quelques places.
Je me sens bien, je déroule calmement, je profites du paysage très vert, on surplombe la Loire, la pluie n’aura pas duré longtemps mais le vent est toujours là et je suis frileux, ouais j’ai bien fais de mettre la veste.
27ème km c’est le second ravito, j’y retrouve deux potes qui eux sont sur le 57 mais en relais et attendent chacun leur premier relayeur. Ils placent leurs petits mots de motivation, me trouvent bien dans le coup, je les encourage à leur tour et vais me restaurer un peu. Je respire, prends le temps (attention à ne pas trop traîner quand même) , me concentre car il en reste 30 derrière!
Il est temps de repartir, retrouver mon rythme mais rapidement je me rends compte que je n’avance pas, première côte hou dur.
Un de mes potes relayer le passé devant, je regarde ma montre, le rythme est pas terrible, j’ai quitté le ravito depuis quelques minutes seulement et ça me parait très long.
Les premiers doutes arrivent, est ce que c’est passager ou vais-je galérer longtemps comme ça?
Je continue à avancer mais viennent les premières douleurs, des « décharges électriques » dans le genou gauche toutes les 10 minutes ! C’est quoi ce bordel non pas maintenant, je rage, je grimace, puis c’est au tour de la voûte plantaire toujours à gauche qui me fait souffrir. Je sers les dents je cours. Je mets mes écouteurs, balance de la musique et rentre dans ma bulle, ça va m’aider.
J’arrive au 3ème ravito peu avant le 40ème, j’y retrouve ma femme et mes deux filles, l’accueil fait chaud au cœur mais je ne suis pas bien et ça se voit.
Ma femme me dit que j’ai une sale tête, je lui parle de mes douleurs, elle pose LA question : « tu vas quand même continuer? ». Bonne question…auquelle je réponds sans hésitations : «  oui il faut bien ». Comme s’il fallait évacuer le doute le plus vite possible et avancer, juste avancer.
Un bisou à la famille, 2-3 trucs avalés et j’y retourne.
10 minutes après je m’arrête de nouveaux, la douleur toujours. Je fouille dans mon sac et trouve un comprimé de Paracetamol, je me dis qu’il faut que j’atténue au moins la douleur sinon je ne vais penser qu’à ça et peut être…non pas maintenant, pas si prêt du but enfin il reste encore 17 bornes…
 Je cours plus vite, la douleur passe, j’accélère, le parcours devient moins technique, plus roulant, je regarde ma montre il reste peu de dénivelé, le plus dur est passé. La musique m’aide, me motive, je vais y arriver, je vais le terminer et je vais me faire plaisir, rien ne pourra m’arrêter.
Je n’ai plus aucun doutes, j’ai retrouvé un second souffle, il me reste 10 km jusqu’à l’arrivée et je vais tout défoncer c’est sur.
Ça tient a pas grand chose, quelques km avant le doute s’emparait de moi et là je suis confiant comme un tigre face à un lapin!
Dans les dernières côtes je rassure mes proches via sms, je vais y arriver pas d’inquiétudes.
Un des bénévoles sur le parcours annonce que la fin est proche, finalement le parcours est plus court que prévu il ne fait « que » 55km, je regarde ma montre je suis au km 52.
Je tiens un pote au courant qui souhaitait me rejoindre sur le dernier km pour m’accompagner. Je le retrouve peu après, j’arbore un large sourire tout comme lui, je vais le faire, on court et on débriefe tranquillement, on déroule.
J’entends le micro, la foule et croise certains coûteux à contre sens qui ont terminé, je vois le bout. Mon pote me laisse et me dit de vivre ce moment.
L’émotion arrive, c’est la fin, je vois la ligne et j’entends mes proches qui hurlent, j’accélère et lève le poing!
C’est fini!
Je souffle, fais encore quelques pas, je souri et pose mes mains sur mes cuisses, waaaaa sacré épreuve!
La famille et les potes me rejoignent. Ils me félicitent, j’ai atteins mon objectif, le chrono? 7h37 pour 55km de course et environ 1500 m de D+. Dans un coin de ma tête j’aurais aimé faire moins mais au vu de ce que je viens de vivre c’est bien très bien même, je suis satisfait et c’est le principal.
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