Marathon du Larzac 2018 by Pierre

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Organisé dans le cadre du célèbre Festival des Templiers, le Marathon du Larzac ne s’improvise pas : 37,5km avec 1539 m de dénivelé positif, Pierre nous raconte cette course hors du commun, qu’il a terminé fiévreux et fatigué mais fier de lui. Bravo Finisher !

Millau, 19 octobre 2018, 4h45 du matin. Le réveil sonne dans la chambre d’hôtel, la nuit à été courte et c’est un peu dur. Il faut dire qu’on est partis la veille au soir de Paris avec Julien & Romain. Nous arrivons vers 1h30 après 7h de bagnole…A peine 3h de sommeil donc, ca pique. Ca pique d’autant plus que j’accumule une dette de fatigue assez importante avec des nuits très courtes et hachées par les enfants depuis plusieurs mois…et pour couronner le tout je sors à peine d’une vilaine bronchite. Bref, le terrain ideal…

Mais j’ai confiance, j’ai fait une préparation plutôt sérieuse quoiqu’un peu courte et j’ai perdu 5 kilos ; je suis assez en jambes et j’ai un bon cardio. Ca va le faire, j’en suis sur. Ce qui nous attend, c’est le Marathon du Larzac, « petite » épreuve des Templiers avec 38 kilomètres pour 1550m de dénivelé.

5h20, après avoir avalé en vitesse un petit dej à l’hotel, on file vers le village de départ afin de prendre la navette et surtout récupérer nos dossards auprès de Maxime qui a super gentiment accepté de les récupérer pour nous la veille (vive les Internets et le groupe Le Bon Coin Du Traileur grace à qui on a pu se connecter à Max).

1h de car, j’en profite pour dormir un peu, Romain & Juju sont surexcités, ca promet ! Les deux gaillards ont plutôt la caisse, j’ai partagé la SaintéLyon avec l’un l’année dernière et l’autre est équipé d’un palpitant de camion, bref on forme une belle équipe. 6h30 arrivée à Pierrefiche, il caille comme jamais…le bus nous a déposé à 1km du départ alors on en profite pour se faire un petit footing d’échauffement histoire de se réveiller un peu. L’ambiance au départ est magique au cœur du petit village du Larzac. C’est une course assez confidentielle avec 400 coureurs mais l’orga est bien présente avec de la musique et un speaker super motivé.

On se positionne en première ligne juste derrière les élites, Romain qui n’a jamais froid reste en t-shirt…il fait 7 degrés à peine, et il réussit à me convaincre qu’on va vite avoir chaud, je fais tomber la veste et reste juste en débardeur d’athlé…je ne le sais pas encore mais c’est une erreur conne que je payerais très cher.

7h, la musique d’Era retentit dans Pierrefiche : Ameno ! Le traditionnel fumigène rouge est allumé puis c’est le décompte…Go, c’est parti !

Le premier kilomètre est sur route et descend, on l’avale à bon rythme à 4’30 histoire de se réchauffer. Juju me demande si tout va bien, je dois pas avoir une bonne tête…Vers le milieu du 2eme km ca commence déjà à monter, j’ai froid, je transpire déjà beaucoup je me doute que quelque chose ne va pas. Je me rassure en me disant que c’est juste le début, que je suis un peu fatigué et j’essaye d’être patient. Mais au 3ème j’ai déjà perdu les mecs, je ne les reverrais pas de la course, les côtes me paraissent vraiment hard, les descentes n’en parlons pas…Bref, rien ne fonctionne. Je suis trempé de sueur, je suis transi de froid. Étonnamment j’ai de bonnes jambes & mon cardio ne s’envole pas même si j’ai la sensation qu’il va exploser…Je n’ai juste aucune énergie, et ca me rend fou.

Je vais trainer ma carcasse lamentablement jusqu’au 18ème, premier ravito de la course. 2h35 pour faire 18 kilomètres…dur, j’ai du en faire 3 ou 4 en marchant avant le ravito, je n’y arrive tout simplement pas, je suis épuisé et j’ai les larmes aux yeux. En fait, je ne comprend pas ce qui se passe, ma prépa était bonne et sur le papier je suis en forme, mais ca veut pas. Je comprendrais plus tard que j’ai pris le départ avec de la fièvre et que c’est déja une performance d’être allé au bout, mais revenons à la course.

Au ravito, je me pose presque 30 minutes, je suis sur WhatsApp a essayer de dire à Romain et Juju de m’attendre mais ils n’ont pas leur portable. Finalement c’est ce bon vieux Max – éternel amicoach – et mon groupe de WhatsApp de cyclistes parisiens qui réutilisent à me remotiver et à me dissuader d’abandonner. J’étais à deux doigts de prendre la première bagnole pour Millau et d’aller dormir à l’hotel. Je prend 4 pates de fruits, des gateaux, avale 4 verres de St Yorre, change de t-shirt, remplis mes flasques et me fais vraiment violence pour repartir. Je dois être 250/400 à ce moment la de la course, pas beau et pas dans mes habitudes mais j’y retourne.

Je sais qu’il y a 12k avant Massebiau, le prochain point d’eau et que c’est plutôt roulant, je repars à mon rythme sans forcer en gérant une allure à 6′ du km sur le plat, même à cette vitesse je ne suis pas méga à l’aise, j’hallucine un peu mais à ce niveau de classement dans la course (pas très dense), je remonte quand même pas mal de gens. J’arrive à Massebiau avec un regain d’énergie : je croise un spectateur qui m’avait vu proche de l’abandon au ravito précédent et qui est trop content de voir que j’ai tenu, il m’encourage à fond, ca fait super chaud au cœur. Un peu plus de 29km, je suis 200ème et je me sens un peu mieux. Surtout ne pas trainer et repartir.

J’attaque LE gros morceau de la course, la montée du Cade : 3 kms pour presque 500m de dénivelé. Ca pose le débat.

Il fait chaud et ca grimpe très sévère parfois avec un kil à 24%…Mais étonnamment, je suis grave en jambes, je remonte pas mal de places et j’en profite même pour prendre des photos une fois la haut, c’est grandiose. Quitte à avoir fait 1500 bornes et à en chier autant, autant ramener quelques souvenirs.

Dernier ravito, je suis content car je sais que je vais rallier l’arrivée et que je devrais ce finish à mon mental. Je ne traîne pas au ravitaillement et repars à petit trot pour finir cette course. La fin est épique car après à peine 2 kms de roulant, on redescend tout aussi sec les 500m qu’on avait grimpé, et en fin de course comme ca, ca flingue les quadriceps ! La descente est technique, ca glisse, on doit s’accrocher aux arbres, je tombe deux ou trois fois sans gravité. Je partage toute la descente avec une fille qui descend clairement mieux que moi et qui me montre un peu la voie, je suis dans sa trace un peu comme un débutant au ski, mais du coup j’avance a bon rythme.

J’entend au loin le speaker d’arrivée, ca me remplit d’énergie, j’avais déjà remontée pas mal de monde dans la descente mais je continue, j’accélère et je termine les 600 derniers mètres en sprint avec le speaker qui commente mon arrivée en mode commentateur télé ! Je tape dans la main de Juju & Romain qui m’attendaient et m’encouragent comme des diables, je double sur le fil deux autres concurrents à 1m de la ligne d’arrivée. Enfin fini.

Finisher, 153ème en 5h36 d’une course que je n’aurais jamais vraiment entamée.

Au final le chrono et le classement ne sont pas si dégueux au regard de la pause de 30 minutes que je me suis octroyé et de mon allure de poussin sur les 18 premiers kilomètres. Je suis heureux d’être arrivé, j’ai quand même pu profiter des magnifiques panoramas sur les Causses que la course offre. L’orga ne ment pas, c’est vraiment magnifique.  Romain a fini 71ème et Juju 102ème, joli, je leur ouvre les bras et me dirige droit vers le stand Aligot Saucisse histoire de reconstituer un peu le bonhomme.

Le soir même, j’aurais plus de 39 de fièvre, qui me tiendra encore 2 jours au corps. Je comprend donc mieux ma méforme et ca me donne l’impression d’une petite victoire sur cette course ! Mon mental n’en ressort que plus fort et au final je n’ai qu’un souhait : repartir sur les sentiers à la découverte de nouvelles sensations et de nouveaux paysages.

Keep running

Pedro

 

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